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"Les Amis de la Fagne" › "Les Amis de la fagne" au fil du temps
C’est en 1935 qu’un petit groupe de fagnards enthousiastes, Antoine Freyens – président fondateur-, Jean Leroy, René de Moreau de Gerbehaye et Fernand Heuze ont créé l’A.S.B.L. « Les Amis de la Fagne ». Cette nouvelle société venait concrétiser officiellement un vaste mouvement d’opinion amorcé quelques années auparavant par les « précurseurs », des scientifiques, comme le Pr Léon Fredericq, ou simplement des poètes et amoureux de la nature, comme Albert Bonjean.
Dia tirée d'une présentation de Roger Herman

D’emblée, « Les Amis de la Fagne » ont rencontré un large écho dans l’opinion publique et leurs rangs se sont rapidement étoffés, autour de leur slogan – toujours à l’ordre du jour actuellement - : « Pour la défense et l’illustration du Haut Plateau » et de leur insigne, inspiré par le « Boultè », cette colonne symbolisant à la fois le point de repère et l’objectif, sur le terrain et dans l’action.

En même temps naissait la revue « Hautes Fagnes ». Cette publication trimestrielle totalise aujourd’hui plus de 250 numéros. Porte-parole des fagnards, elle n’a jamais cessé – hormis pendant les années de guerre – de suivre de près toute l’actualité fagnarde, de rassembler toutes les études, en particulier celles menées par l’Université de Liège en sa station de Mont-Rigi, et de porter toutes les revendications en faveur de la protection du Haut Plateau.

Le but premier des « Amis de la Fagne », la création d’une Réserve naturelle, paraissait à portée de main en 1939 lorsque la deuxième guerre mondiale interrompit le processus. Cependant, dès la fin des combats armés, « Les Amis de la Fagne » reprenaient leur lutte pacifique mais résolue contre les dégradations du milieu fagnard, en particulier contre les enrésinements massifs, qui saignaient, l’une après l’autre, les étendues tourbeuses.

Dans leurs efforts pour sensibiliser le grand public à la beauté et à la richesse écologique de la Fagne, ainsi qu’à la nécessité urgente de la sauvegarder, ils avaient recours, bien sûr, à leur revue, à des campagnes de presse, à des conférences, mais surtout à des excursions guidées sur le terrain. Ces promenades, généralement organisées en car spécial au départ de Verviers, - comme c’est encore le cas de nos jours -, n’ont cessé de connaître une remarquable participation, et nombreux sont les fervents fagnards d’aujourd’hui qui ont fait, lors de ces sorties commentées, leurs premiers pas de découverte de la nature. En 2005, l’association a pu fêter solennellement la 2000 ème excursion guidée sur le Haut Plateau !

Au début des années cinquante, l’action des « Amis de la Fagne » et de leurs sympathisants s’est concentrée non seulement contre les monocultures d’épicéas, mais aussi contre l’aberrant projet d’installation d’une vingtaine de fermes dans les fagnes jalhaitoises. La confiscation pour ce faire de quelque 220 hectares de landes – aujourd’hui rendues à la Réserve naturelle, mais néanmoins fortement altérées – a déchaîné un tel élan de protestation qu’enfin les autorités gouvernementales de l’époque décidèrent la création, en 1957, d’une première « Réserve Nationale », avec son équivalent en Flandres, au Westhoek.

C’était un beau succès mais nettement insuffisant. « Les Amis de la Fagne » ont donc continué à revendiquer la mise sous statut de protection de beaucoup d’autres espaces tourbeux, et ont eux-mêmes montré l’exemple en « sauvant » par des contrats de « non faciendi » payés aux communes propriétaires, la Fagne de Cléfay, puis celles du Setay, du Neur Lowé, du Fraineu, du Stoel…

Enfin le vent commençait à tourner dans les sphères officielles. Un Parc Naturel (Hautes Fagnes – Eifel), englobant les nouvelles réserves, vint à l’ordre du jour dans les années 60. Et peu à peu, la politique forestière, dont les responsables prenaient enfin conscience de l’hérésie du « tout épicéa », effectuait un virage progressif mais radical, qui a débouché aujourd’hui sur des pratiques nettement plus conformes aux exigences écologiques.

Sans renoncer à leur objectif de toujours, la sauvegarde la meilleure possible pour le Haut Plateau, « Les Amis de la Fagne » se sont alors résolument investis dans les organes de gestion de la Réserve Naturelle et du Parc, jouant une fois de plus les pionniers en se lançant eux-mêmes dans une entreprise un peu folle mais combien enthousiasmante, le colmatage des kilomètres de drains opérés dans certaines tourbières en vues de plantations, pour la plupart avortées. Des milliers de petits barrages ont ainsi été construits par les équipes de bénévoles, et ces opérations se poursuivent aujourd’hui encore sous d’autres formes, essentiellement par des travaux d’élimination des semis éoliens d’épicéas dans les zones protégées.

En même temps, « Les Amis de la Fagne » ont continué à veiller jalousement sur l’intégrité du Haut Plateau, s’opposant par exemple avec succès à une extension du champ de tir militaire d’Elsenborn au début des années 90.

En complément de leur action aux côtés des gestionnaires forestiers, ils ont eux-mêmes pratiqué une politique d’acquisition de terrains tourbeux, qu’ils gèrent aujourd’hui en tant que « Réserves Naturelles Agréées ».

En ce début du 21è siècle, « Les Amis de la Fagne », tout en étant donc une des plus anciennes associations de protection de la nature de Belgique, restent activement sur la brèche : sentinelles vigilantes de l’évolution des Hautes Fagnes, confrontés, avec les gestionnaires, à de nouveaux défis, tels que l’envahissement d’un tourisme de masse, ou tout simplement les conséquences du réchauffement climatique sur la flore et la faune, ils demeurent les « experts es fagnes » sur tous les fronts où se joue l’avenir du plateau tourbeux, en particulier dans la perspective de la mise en place du projet européen « Natura 2000 ».

Roger Herman

                     
                     
                     
                     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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