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Les Hautes Fagnes › Une nature d'exception › Vie en fagnes

Faune en Fagnes : particularités

Dès 1885, Léon Frédéricq, éminent professeur de l’Université de Liège, s’aventure en naturaliste averti dans l’immensité des landes du Haut Plateau. En 1904 déjà, lors d’un discours de rentrée académique, il attire l’attention de la communauté scientifique sur l’intérêt biogéographique exceptionnel de toute la région située à une altitude supérieure à 500 mètres.

D’après lui, les Hautes Fagnes constituent un refuge propre à conserver une faune et une flore glaciaires.
Photo: Annick Pironet -Solitaire - Colias palaeno
Alpes françaises - 2006
Ses premières observations sont bien connues et déterminent sa perception du caractère exceptionnel des biocénoses fagnardes. Il découvre successivement :
  • Le papillon Colias palaeno, maintenant disparu. Espèce boréo-alpine, il occupe les principaux sommets montagneux d’Europe centrale ou les plaines dans le Nord-Est de l’Europe et dans le Nord de l’Asie.
  • La planaire Planaria alpina , trouvée dans la Warche et dans la Soor. Il s’agit d’une espèce qui en régions tempérées ne se rencontre que dans les ruisseaux de hautes montagnes.
  • Il note aussi que le plateau de la Baraque Michel possède une température plus basse que tout autre endroit de la même altitude. Elle correspondrait à la température d’une montagne de 1200 mètres.

C’est surtout cette dernière caractéristique qui conditionnerait la persistance des espèces boréo-montagnardes.

Depuis, le monde savant a multiplié les recherches pour étayer la théorie de Léon Frédéricq sur le caractère relictuel de la faune et de la flore de la région. Plusieurs séminaires se sont tenus sur le plateau au cours desquels des exemples ont été présentés dans différentes disciplines confirmant ou infirmant cette théorie. Parmi les entomologistes, A. Collart publie une série de 28 contributions rassemblées sous le titre général « Notes sur la faune des Hautes Fagnes en Belgique ».

Ainsi a-t-on relevé, parmi les Coléoptères, l’Elateridae Ctenicera cuprea F., présent principalement sous sa variété à élytres bronzés, la variété aeruginosa F.. D’autres Elateridae sont aussi des espèces alpines ou montagnardes qui fréquentent les zones humides de régions élevées comprises entre 500 et 2000 mètres mais qu’on ne rencontre notamment pas dans les Vosges.

Mais s’il apparaît au fil du temps que très peu d’espèces finalement sont de distribution biogéographique strictement boréo-alpine, « Il existe sur ce sol vieilli déjà et soumis aux effets de longs et rudes hivers abondamment enneigés, des insectes qu’il serait vain de chercher ailleurs, en Belgique, et dont la présence en ces lieux pose d’intéressants problèmes biogéographiques. » (A. Collart, 1942)

En 1975, l’analyse détaillée des 784 premières cartes éditées dans l’ »Atlas provisoire des Insectes de Belgique » met en évidence la présence de raretés nationales. Il s’agit par exemple des fourmis Formicoxenus nitidulus (Ster), Camponotus herculaneus et Myrmica lobicornis (Hockai), ou du Cantharidae Malthodes montanus (Ster et Recht) et du Scarabeidae Anoplius tenuicornis (Elsenborn), …

Notons aussi la présence sur le plateau de l’abeille sauvage Andrena tarsata dont la répartition générale en Europe la fait considérer comme une espèce relictuelle glaciaire.

Le suivi des populations d’insectes sur plus de 30 ans permet de constater ce qui suit (N. Magis, 1999) :

  • Deux espèces des étages alpin et subalpin (Cantharis pagana Rosenh. (Canth.) et Ctenicera virens Schr. (Elat.)) n’ont plus été retrouvées. Ces deux coléoptères ont toujours été rares dans la région ; leur dernière observation remonte respectivement à 1903 et 1932.
  • Une population de Ctenicera heyeri (Sax.) (Elat.) se maintient avec des effectifs extrêmement réduits. Comme les deux précédentes, elle n’a jamais été très fréquente sur le plateau de la Baraque Michel.
  • Le Cantharidae Absidia pilosa (Payk.), boréo-montagnard, et les Elateridae Ctenicera cuprea (F.), boréo-alpin, et Haplotarsus angustulus, subalpin, sont en situation stable.
  • Haplotarsus incanus (Gyll.), Cidnopus minutus (L.) (Elat.) ; Absidia rufotestacea (Letzn.), Rhagonycha atra (L.), Malthodes hexacanthus Kies (Canth.) montrent des effectifs sensiblement plus élevés qu’il y a 40 ans.

En ce qui concerne les diptères, les Hautes Fagnes recèlent trois perles boréo-alpines, trois Tabanidae ( M. Leclercq, 1975), Hybomitra arpadi, H. kaurii et H. nitidifrons confiformis.

Trois espèces qui sont connues entre autre du Kamtchatka, de l’Alaska, de la Mongolie ou encore des Alpes françaises ou suisses.

Dans les autres groupes d’animaux, nous ne pouvons pas ne pas parler du Tétras lyre, l’autre coq wallon. Il vit dans les landes, tourbières, bruyères et autres espaces dégagés par les activités humaines. Son domaine fagnard est morcelé et s’est rétréci comme peau de chagrin. Il a disparu de la Croix Scaille, du Plateau des Tailles, et est actuellement, dans nos Fagnes, en grand danger d’extinction. En savoir plus sur le Tétras lyre? Cliquez ici!

Texte: Jean Fagot

                     
                     
                     
 
                     
                     
                     
                     
                     
                     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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