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Fagne wallonne
   
N° 3 Région Sud-ouest: Baraque Michel - Hoëgne - Eau Rouge - Bayehon - 13e édition - 2007

La plus prestigieuse des fagnes du Haut Plateau est délimitée par le Ru des Waidages et la Helle au nord, les boisements de Clefaye, de La Béole et de Kalteborn à l'est, les bois d'Averscheid et de Sourbrodt au sud, ainsi que les boisements de la crête Botrange - Mont-Rigi à l'ouest.
 
               
Photo: Annick Pironet - Fagne wallonne - 2005

Depuis 1957, la partie de cette fagne située au nord- ouest de l'axe Haie de Souck - La Béole est placée sous statut de Réserve naturelle domaniale; la partie sise au sud- est de cet axe est, hélas! progressivement enrésinée.

Sous l'ancien régime, la Fagne Wallonne se trouvait en duché de Luxembourg, sur le territoire de la seigneurie de Butgenbach. Comme cette seigneurie fut, pendant des siècles, vassale des comtes de Nassau et, ensuite, des ducs d'Orange (en tant que comtes de Saint-Vith), notre fagne porte, dans les documents les plus anciens, les noms de «Terre de Nassau» ou «Terre d'Orange".

C'est plus tard qu'elle fut appelée «Fagne Wallonne ", lorsque les manants de Robertville - au parler wallon - furent les premiers à y conduire en pacage leurs troupeaux et à y récolter le foin, bénéficiant de la sorte d'une tolérance de la part des seigneurs de Butgenbach, car leur village faisait partie du territoire de l'abbaye de Stavelot-Malmedy.

Cette situation fut légalisée à une époque indéterminée, mais certainement antérieure au 15e siècle. Elle devait prendre fin en 1534, lorsque Jean Sourbroit s'installa en bordure sud de la Fagne, près du bois d'Averscheid. L'aménagement de cette propriété contraria fort les gens de Robertville; leur dépit s'accrut encore lorsque ce premier ha- bitant fut bientôt suivi de bon nombre d'autres et qu'un nouveau village vit le jour sur le Haut Plateau, utilisant, lui aussi, les pâturages et les tourbières de la Fagne Wallonne.

A la fin du 16e siècle, les hostilités éclatèrent franchement, quand les gens de Sourbrodt prétendirent réserver toute la Fagne à leur usage exclusif, sans rien laisser à ceux de Robertville. Après un long procès à Malines (de 1598 à 1607), les premiers nommés obtinrent en grande partie gain de cause.

Mais les habitants de Sourbrodt ne devaient pas se réjouir longtemps de leur succès. En effet, les paysans de Robertville recommencèrent à faire valoir leurs prétentions. En 1615, ils parvinrent à conclure une convention avec les autorités luxembourgeoises, selon laquelle ils pouvaient, moyennant paiement de droits de location, mener à nouveau leur bétail en Fagne Wallonne, y récolter du foin et y extraire la tourbe. Cette convention resta en vigueur pendant près d'un siècle.

A la longue cependant, les manières insolentes des gens de Robertville finirent pas agacer les manants de Sourbrodt. Pour mettre un terme à ces désaccords, ils de- mandèrent à leur seigneur qu'on leur abandonnât la totalité de la Fagne Wallonne, s'engageant à payer un fermage plus élevé que leurs rivaux de Robertville. Satisfaction leur fut donnée par le Traité de Saint-Vith, en 1708.

Lorsque la Révolution française entraîna la suppression des droits féodaux, Sourbrodt se considéra comme propriétaire à part entière de la Fagne Wallonne et, de ce fait, cessa, en 1795, de payer tout fermage.

Cependant, quelques années plus tard, la République batave fit connaître ses prétentions en tant qu'héritière des droits de la Maison d'Orange et exigea le paiement de toutes les échéances arriérées. Afin de mettre un terme, une fois pour toutes, à ces exigences continuellement renouvelées, Sourbrodt décida d'acheter la Fagne Wallonne. En 1807, par un contrat signé avec le gouvernement hollandais, celle-ci devenait la propriété des habitants du village pour une somme de 10.000 francs, dont les versements échelonnés furent payés, en grande partie à la Prusse, à partir de 1815 et jusqu'en 1830. Un règlement de 1828 assura la bonne gestion et l'utilisation judicieuse de ce bien commun, en instituant notamment un conseil de régence, composé de cinq membres choisis par les villageois et indépendant du pouvoir communal.

(Extrait de "Guide du Plateau des Hautes Fagnes" de R. Collard et V. Bronowski - Édition "Les Amis de la Fagne" 1977)

                     
                     
                     
                     
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
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